Villes charmantes de la Bolivie coloniale

Choisir entre Potosi et Sucre ? Nous avons tenté mais finalement craqué pour ces deux villes à part en Bolivie. Des villes très différentes, aux habitants modernes mais à l’héritage colonial omniprésent.

Se rendre à Potosi et Sucre

ou à Uyuni de puis ces villes

Nous avons choisi d’y faire étape après le Salar d’Uyuni, en route vers le Pérou. Pour ne pas arriver trop tard après notre excursion dans le Salar (qui se termine en théorie vers 17h) nous choisissons de visiter en premier Potosi puisque Sucre est plus loin. Plusieurs compagnies s’y rendent et nous réservons les derniers sièges chez 11 de Julio pour partir à 18h d’Uyuni (30 bolivianos). Nous arrivons plus tôt que prévu vers 21h30 et prenons un taxi pour notre guesthouse. Au contraire du Pérou les taxis n’ont pas d’enseigne lumineuse mais juste un genre d’autocollant au milieu du pare-brise. Les compteurs sont aussi chose rare ! 5 bolivianos par personne du vieux terminal (celui pour et de Uyuni) au centre-ville.

Pour repartir de Potosi vers Sucre (pour se rendre à la Paz le bus de Sucre repasse par Potosi) il faut se rendre au nouveau terminal de Potosi pour 6 bolivianos par personne. Les bus passent en moyenne toutes les heures, nous partons à 18h via la compagnie Ripley pour 30 bolivianos et encore environ 3h de route.

Si vous voulez aller directement d’Uyuni à Sucre le trajet dure plus ou moins 5h. Ne tardez pas en revenant de votre tour ou réservez car les places sont recherchées. Les agences de bus d’Uyuni vers Sucre et Potosi sont rassemblées au même endroit, derrière la cathédrale. Il y a des bus qui partent après 18h mais ça vaut tout de même le coup de se renseigner pour ne pas rester coincé à Uyuni où il n’y a pas grand chose à faire.

Ruelles et maisons colorées à Potosi

Il n’y a pas de point qui oppose plus Potosi et Sucre que les couleurs des maisons. Les habitations et les églises y sont colorées d’orange, rouge, jaune et parfois de vert. Le quartier autour de la place du 10 novembre est très beau avec de jolies ruelles pavées, des restaurants, des marchés artisanaux et des boutiques en tout genre. Les églises y sont très nombreuses, les photos sont interdites à l’intérieur, mais je vous garantie que pousser leur porte vaut le coup pour découvrir la ferveur religieuse toute particulière à l’Amérique du Sud. Les maisons coloniales et leurs balcons ornés en bois ou en fer font voyager à l’époque où Potosi était une ville d’extrême importance pour l’empire espagnol. En effet, Potosi est située au pied du Cerro Rico qui tire son nom des filons d’argent qui le parcourent. Potosi est toujours une ville minière et plutôt que de visiter la mine d’argent ou les travailleurs s’échinent toujours, nous avons choisi de visiter le musée de la monnaie.

 

Visiter la mine de Potosi ou non ? Mon amie étant closotphobe nous n’y avons pas mis les pieds puisqu’il paraît que c’est vraiment oppressant même pour les personnes ne souffrant pas de l’enfermement. De plus, je n’étais pas sûre de vouloir participer au voyeurisme qu’est cette descente aux tréfonds de la Terre pour voir des hommes en train de se tuer à la tâche. Aujourd’hui j’en suis encore curieuse et peut-être qu’avec quelqu’un de motivé, je me serais laissée finalement tenter car l’expérience est unique

 

Musée de la monnaie à Potosi

Un très chouette musée qui nous avait été conseillé par des voyageuses qui partageaient notre 4X4 dans le Salar et le Sud Lipez. On y apprend des tas de choses ! Ce musée est situé dans l’enceinte de l’ancienne forge de monnaie de Potosi. Cette ville forgeait la monnaie de tout l’empire colonial espagnol, c’est dire si elle était importante ! En son temps, elle dépassait même en population l’ancienne Londres. Le bâtiment est impressionnant, tout en pierre de taille, boiseries et balcons d’époque. Le processus de fabrication est détaillé ainsi que les différentes époques de la monnaie. Il y a aussi des témoignages de la ville à l’époque et de l’évangelisation des incas. Il y a même une église espagnole avec des enfants momifiés (sans transition !) des tableaux et des salles de réception.

Les deux anecdotes qui m’ont le plus marquée sont celles sur l’origine supposée du symbole du dollar et sur la facilité de transition vers le christianisme des indiens. 

Les pièces frappées à Potosi portaient les consommes P, T et S superposées en signe de leur origine. Et celles-ci étaient dispersées à travers le monde, elles auraient donc inspiré le $ qui pourrait être une simplification du T et du S superposés.

Les peintures de la vierge marie importée d’Europe en Bolivie représentaient une femme en robe bouffante qui prenait une forme triangulaire et dont la tête auréolée laissait passer des rayons de lumière. Le bas de la robe était souligné d’un trait en demi-cercle comme un croissant de lune. Les indiens y virent le signe que la religion chrétienne n’était qu’une autre forme de leur propre religion qui vénérait la lune, le soleil et la montagne Cerro Rico (qu’ils voyaient représentée dans le triangle de la robe). Ainsi fut facilitée l’évangélisation des peuples.

Visiter le musée de la monnaie : il y a des visites guidées à heures précises et l’entrée ne se fait qu’à ces heures précises, mieux vaut aller se renseigner dès qu’on sort de l’hôtel pour ne pas louper les horaires.

Blancheur immaculée à Sucre

Sucre contraste avec Potosi de par tous ses bâtiments coloniaux blancs. Le centre est rempli d’étudiants et la vie nocturne est développée. La ville est plus moderne que le reste de la Bolivie et surtout bien plus riche que la moyenne. Ceci est dû en partie au fait que la cour suprême y siège et attire donc avocats et notaires établis ou étudiants. Il y a peut-être moins de curiosités qu’à Potosi mais le centre regorge de bâtiments magnifiques.

La cathédrale est visitable, mais selon des horaires pas forcément très limpides, c’était apparemment fermé le jour où nous y étions. La place du 25 mai est particulièrement jolie et par beau temps, le blanc des bâtiments autour et la verdure sont un plaisir des yeux. Nous avons poussé la porte de la Casa de la Libertad dont la belle enceinte est à peu de choses près ce qu’il y a de plus joli dedans. Les témoignages de la prise d’autonomie de la Bolivie (dont Sucre est la capitale constitutionnelle) sont des curiosités étonnantes mais rien de bien folichon.

 

Comme dans toutes les villes sud-américaines, le principal plaisir est de se promener dans les rues, entrer dans les églises, flâner dans les marchés et découvrir les étals exotiques.

 

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