Voir des flammes bleues et s’enfumer au Kawah Ijen9 minutes de lecture

Après Bali puis Flores, j’entame la série d’articles (plutôt chronologique ma foi !) sur la semaine que j’ai passée sur l’île de Java. Elle clorra mon récit indonésien puisqu’après Java nous nous étions envolés pour Sumatra, voir les orang-outans, expérience déjà relatée sur le blog.

Le Kawah Ijen est un volcan situé tout proche de Bali, à l’est de Java, cette grande île indonésienne volcanique. Le cratère de ce volcan est rempli d’un lac acide et son cœur est un gisement de souffre. Les mineurs remontent des dizaines de kilos de souffre du fond du cratère chaque jour par le même chemin que les touristes empruntent pour aller voir les célèbres flammes bleues qui s’échappent de la souffrière. Ces flammes sont produites par la combustion du souffre tout comme la lave bleue qui n’est, en fait, pas vraiment de la lave (sorry).

CHEMIN AU BORD DU CRATÈRE PAR LES BLOGUEURS Allant Vers

 

Se rendre au volcan Kawah Ijen dans la nuit noire …

J’avais réservé un guide et un transfert pour cette soirée puisque c’est la nuit que l’on peut voir ces étonnantes flammes. Notre chauffeur nous attendait donc à 23h au débarcadère du ferry qui relie Bali à Java. Avant ce trajet improbable en ferry, nous avions passé la soirée à somnoler dans le taxi que nous avions lamentablement échoué à négocier à l’aéroport de Denpasar pour une course jusqu’au ferry au nord de Bali (Gilimanuk). 

Notre chauffeur nous emmena à l’hôtel où, magie du décalage horaire, nous avions un peu de temps pour prendre une douche. Après notre croisière à la dure sur les îles de Komodo nos peaux étaient salées de transpiration et d’air marin. Je crois que notre guide a eu pitié de nous lorsque nous lui avons dit arriver dans la nuit à Java. Il nous avait réservé un joli hôtel avec piscine et surtout… eau chaude ! Nous étions logés à Banyuwangui qui est une bonne base pour dormir près du Kawah Ijen. Il y a également des hôtels et des guesthouses sur le chemin et au pied du volcan. Il y est aussi carrément possible de camper. Je n’ai pas testé mais il doit faire plutôt très froid 🙂

A 1h du matin c’est le départ pour la sortie de nuit et l’observation de ces fameuses flammes bleues. Après une petite heure de route avec notre chauffeur et notre guide privé nous atteignons l’entrée du sentier du Kawah Ijen. Nous devons alors marcher jusqu’au sommet pendant 2h30 environ. Nous avons un bon rythme et doublons la plupart des gens. En effet, nous sommes loin d’être seuls sur ce chemin de terre à flanc de volcan. La plupart des gens a du mal, il faut dire que ça monte vraiment dur sur la deuxième partie. Heureusement nous ne sommes pas encore étouffés par les relents de souffre du cratère. Pourtant nous sentons déjà quelques bouffées de souffre dans l’air frais de la nuit.

Vers le cœur du volcan de souffre et ses flammes bleues

LES PHOTOS DE FLAMMES PROVIENNENT D’UN REPORTAGE D’OLIVIER GRUNEWALD  ET JÉRÔME HOF DU BLOG D’ÉLOÏSE

Une fois au bout il faut descendre vers le gisement de souffre qui fume et luis dans la nuit. Le chemin est rocailleux et c’est presque de l’escalade. Notre guide descend comme un cabris et nous descendons au pas de course, slalomant entre les touristes qui descendent, sautant de roche en roche sans déraper, laissant le passage aux mineurs qui remontent avec 50kg de souffre jaune sur les épaules. Certains touristes déboussolés ne leur cèdent pas le passage assez rapidement et se font réprimander avec force vociférations des guides indonésiens. Tout ce monde gêne un travail déjà éreintant. Je n’aurais jamais cru cela mais c’est effectivement blindé de monde. C’est peut-être la faute au week-end car c’est samedi. Une vraie file indienne de torches blanches scintille le long du chemin vers le fond du cratère. Beaucoup n’ont pas de masques mais je ne saurais que vous conseiller chaudement d’en louer un ou de vous assurer que votre guide en a un pour vous!

En effet, une fois en bas, un énorme panache épais de fumée souffrée sort du gisement et rempli l’air d’une forte odeur de souffre. La plupart du temps il n’est pas dirigé vers le chemin qui descend au cratère mais il peut changer de direction à n’importe quel moment… Nous avons le plaisir d’observer les flemmes bleues qui, je dois l’avouer, me déçoivent un peu, je m’imaginais de grandes flammes claquant dans la nuit. H., qui m’accompagne me dit que je suis dure et que c’est tout de même impressionnant. Il faut dire que pour ne rien arranger le vent tourne et nous nous retrouvons très rapidement dans le panache irrespirable. Même avec les masques, la gorge et les yeux piquent terriblement et je me dis qu’il y a tant de monde que nous allons avoir droit à une scène de panique où tout le monde cherche à remonter les quelques centaines de mètres escarpés jusqu’au bord du cratère. L’horreur.

 

Respirer l’air frais du lever de soleil sur le Mont Ijen

Heureusement ce n’est pas le cas et nous faisons une pause à mi-hauteur lorsque l’atmosphère redevient respirable. Notre guide tient à ce que que je lui donne mon appareil photo pour immortaliser les flammes bleues puisqu’il s’est bien rendu compte que nous ne sommes restés que quelques secondes en bas. J’en suis vraiment frustrée mais je me laisse porter. Une fois qu’il est revenu avec les photos il nous entraîne en haut pour le lever de soleil. Les levers de soleil sont toujours beaux, mais en réalité j’ai trouvé celui-ci beau mais quelconque… je sais je suis difficile mais si c’était à refaire je lui demanderais de retourner en bas au lieu de nous hâter pour ne pas louper le soleil… En plus, une fois dans la lumière du matin j’aperçois le panorama du lac turquoise, le gisement jaune de souffre et l’énorme panache qui s’en dégage. La vue d’en bas à la lumière doit être étonnante et je crois que j’aurais préféré y être, si vous pouvez le faire c’est ce que je vous conseille.

 

Au final, le Kawah Ijen fut ma plus grosse déception de tout mon voyage en Indonésie. Le combo trop de monde, trop peu de temps en bas/ambiance angoissante du panache, rendez-vous manqué avec l’observation du volcan du fond du cratère, me fut fatal malgré la superbe vue sur le volcan à partir des bords du cratère.

Sur le retour, je pense à ces mineurs qui descendent dans cet enfer avec un t-shirt pour simple protection. Qui attaquent les blocs de souffre à la seule force de leurs bras. Qui remontent plus que leur poids en minerai jaune. Qui ont les épaules déformées par leur fardeau. Qui font tout cela pour presque rien, quelques dollars.

On est chanceux les gars.

Nous rentrons à Banyuwangui après le lever de soleil, il est 6 ou 7 heures du matin et dormons enfin après 24h de veille…

Quel est le prix d’une excursion au Kawah Ijen ?
Comment aller au Kawah Ijen depuis Bali ?

 

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2 Responses

  • Pour nous, l’Ijen reste un moment fort de notre voyage en Indonésie. On en a eu des frissons ! Comme quoi… 😉
    Comme toi, on aurait idéalement voulu retourner en-bas une fois le soleil levé.

    • C’était un moment très fort également pour moi mais une déception car peu agréable et avec peu de temps pour s’imprégner de l’endroit. Je pense que si j’y retournais je serais comment y prendre plus de plaisir 🙂

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