Le Dragon de Komodo doit-il faire peur ?

Written by Lauriane

Je voulais absolument voir les dragons de Komodo lorsque s’est décidé mon voyage en Indonésie. Pourtant le circuit touristique classique n’est pas vraiment à portée des îles où ils vivent ! Malgré tout je ne suis pas la seule à avoir voulu les observer dans la nature. Cet animal exerce carrément une vraie fascination sur beaucoup de gens, certains en ont même peur. Le dragon de Komodo est un animal certes impressionnant, mais faut-il en avoir peur ? Le dragon de Komodo est-il vraiment dangereux ?

L’instant biologie

Gros lézard vivant sur plusieurs îles de l’archipel de la Sonde en Indonésie, il est protégé au sein du parc national de Komodo qui rassemble plusieurs îles dont la fameuse Komodo. Ils sont aussi visibles sur la grande île de Flores dans deux parcs nationaux dédiés à leur protection. Les varans sont somme toute courants en Asie (on appelle aussi les dragons, varans de Komodo), nous en avions vus plusieurs de belle taille à Singapour, mais les varans de Komodo ont développé un gigantisme inédit. L’abondance de proies et l’absence d’autre gros prédateur pourraient avoir permis cette évolution. 

L’île de Komodo au coucher du soleil
Un « petit » dragon de Komodo

Ce sont des animaux au rythme de vie lent, comme tous les reptiles ; une proie par mois leur suffit, la durée d’incubation des œufs est de 8 mois, ils vivent jusqu’à 50 ans… Tout est ralenti chez eux. Typiquement, ils sont aussi charognards. Mais ceci ne les empêche pas de chasser leurs proies. Leur morsure blesse un buffle mais peut carrément assommer un cerf ou un sanglier. Dans le cas de la morsure, la mort survient d’une combinaison de facteurs qui mène à une infection généralisée. Le varan n’a alors plus qu’à filer sa proie jusqu’à la mort de l’animal.

Par ailleurs, le varan de Komodo est faiblement venimeux et les bactéries que contient sa bouche ne sont, a priori, pas si différentes de celles des autres prédateurs, ne pouvant causer à elles- seules l’infection qui tue l’animal. La propension des buffles à se rouler dans des zones d’eau stagnante accroît le risque de septicémie lorsqu’ils sont blessés et assurerait, en sus du cocktail de bactéries, le succès du prédateur.

Vous voyez où ça les conduit ces buffles de barboter dans l’eau dégueu ?

Mourir d’une morsure de dragon de Komodo ?

Une bonne désinfection et une dose d’antibiotiques à 4h de bateau de Komodo, sur Flores (qui dispose depuis récemment d’un hôpital) vient à bout de la blessure. Si par malheur vous vous faîtes morde, pas d’inquiétude, la mort n’est pas au tournant !

Une visite au parc de Komodo

Mais cela n’arrivera tout bonnement pas. Parceque pour commencer, il est impossible de se promener seul dans le parc national de Komodo pour observer les reptiles. Un ou plusieurs rangers doivent vous accompagner ! La réputation des varans de Komodo permet d’ailleurs  aux gardes de justifier le fait d’être plus d’un à encadrer un groupe nombreux de touristes (deux rangers au-delà de 3-4 personnes). Ils utilisent de grands bâtons solides comme arme dissuasive, et vous croyez toujours que les dragons de Komodo sont des bêtes sanguinaires ?

Pépères les loustiques

Dragon es-tu vivant ?

La première rencontre avec les varans se fait rapidement sur Komodo ou Rinca dans les zones où ils sont souvent présents ; à l’ombre des maisons des rangers ou dans une clairière. Affalés comme morts, un œil qui cligne rappelle que la bête de 3 mètres est à surveiller. Leurs membres sont comme disloqués tant ils sont étalés de tout leur long de façon désinvolte. L’un de ceux que j’ai vus était si décharné que j’ai eu du mal à croire qu’il était encore vivant.

Un bien portant et le moitié mort
Il ferait presque pitié ce papi qui ferme ses yeux

 

J’avoue que je ne dresse pas un portrait très reluisant de ces dangereux prédateurs ! C’est que la vraie victoire de l’excursion sera de voir un dragon de Komodo actif ! Le must  étant d’en voir un à côté d’un mammifère pour espérer une scène de chasse. Il faudra avoir un peu de chance pour cela.

Quelques précautions de base pour voir les dragons de Komodo

On garde ces distances (quelques mètres) avec ces placides géants et un œil dessus si on tourne le dos mais comme en témoignent les cerfs allongés aux alentours, il n’y a pas à craindre d’attaque éclair de la part des varans. Même s’ils peuvent être vifs et courir à 20km/h, je suis convaincue qu’un coup de speed les laisse loin derrière.  L’embuscade permet leur succès à la chasse mais au cours de la balade dans le parc, il y a peu d’endroits propices à une telle attaque. De plus, un groupe de 4 personnes au minimum est plutôt effrayant même pour un tel animal (deux touristes, leur guide et un ranger).

Ouvrir l’oeil pour être sûr de voir les dragons

C’est pourtant vrai qu’ils se fondent et se camouflent parfaitement dans le paysage. Pour exemple, j’arrivais un peu en retard sur le groupe pour observer un buffle un peu plus loin et je m’avançais alors d’un pas sous un arbre pour me protéger du soleil, avant de me faire arrêter par des avertissements. Un Komodo de bonne taille s’y tient à l’ombre et même, littéralement, à deux pas, je ne l’avais pas vu ! Soit dit en passant, les buffles ont été source de beaucoup plus d’inquiétude pour moi (sans raisonà que les varans même les plus gros !

Une racine ou un dragon ?

 

 

En conclusion ; garder les enfants près de soi, éviter les gestes brusques et se tenir à distance devrait suffir à ce que vous et votre famille reveniez en vie de votre excursion à la rencontre des dragons de Komodo. Somme toute, des réflexes des plus normaux lorsqu’on observe des animaux.

Hormis cela, n’ayez pas de crainte envers ces varans de Komodo et ne soyez pas hystériques comme ces touristes lorsque l’un deux les « attaque » (quelle attaque !).

Au passage les antibiotiques sont utiles parcequ’on a affaire à des bactéries hein, rappelez vous les antiobiotiques c’est pas automatique

 

Je vous retrouve la semaine prochaine pour vous raconter la croisière, que dis-je, l’aventure, l’expédition autour des îles de Komodo, Rinca et leurs lagons cristallins !

POUR CONTINUER DE VOYAGER EN PHOTOS, LE COMPTE INSTAGRAM EST LÀ POUR ÇA !

A bientôt

Lauriane

Comments: 9

  1. Petit fou rire débile sur le crâne de buffle et « voilà où ça amène de traîner dans l’eau dégueu », morte de rire !
    Super intéressant cet article. J’en ai vu à la ferme aux crocos à Pierrelatte, derrière une vitre, et j’adorerais les découvrir dans leur milieu naturel !

    • Lauriane says:

      Ahah mais c’est la parfaite illustration ^^ Je pense qu’en plus ceux en milieu naturel sont plus gros, enfin moi je n’en avais jamais vu de si gros !

  2. Peur, non, tant que je n’en trouve pas un dans mon lit ça va! Au contraire je suis fascinée et j’aimerais beaucoup en voir dans leur milieu naturel !

    • Lauriane says:

      Moi aussi, j’en veux pas dans mon lit ahah C’était super de les chercher sur leur île, je te le souhaite ! J’en parle plus longuement dans un article à venir en tout cas 🙂

  3. chloe says:

    L’expérience doit être fabuleuse mais je crois que je devrais prendre mon courage à deux mains, parce que lu et vu comme cela, je ne serais vraiment pas rassurée haha! Ils sont assez « flippants »!

    • Lauriane says:

      Ahaha tu n’auras pas de mal, ils sont fascinants !

  4. Fascinant cet article !! Quelle expérience incroyable cela devait être ! Je rêve de les voir dans leur milieu naturel. Super article, bravo !

    • Lauriane says:

      Merci 😉 En effet c’était plutôt chouette !

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.