6 exemples de patrimoine naturel en danger

Written by Lauriane

Il y a de nombreux beaux endroits sur terre et certains d'entre eux pourraient malheureusement disparaître à court terme. Je vous propose une sélection de pépites en danger qui menacent de disparaître si elles continuent à être détruites ainsi et que vous voudrez peut-être inscrire dans votre bucketlist !

• La barrière de corail du Belize et les écosystèmes coralliens en général 

 

La barrière de corail au large du Belize dont le fameux « Blue hole » (régulièrement classé dans les fameux lieux à voir au moins une fois dans sa vie !) est le 2ème plus grand écosystème corallien du monde. Il accueille de très nombreuses espèces marines dont des tortues marines en dangers mais aussi d’autres grands animaux méconnus comme les lamantins (si vous ne savez pas à quoi ça ressemble, par ici) et les crocodiles marins d’Amérique (oui oui marin). Les plages de sable coralliens et les vertes mangroves font aussi partie de l’écosystème et l’ensemble du paysage qu’il soit terrestre ou aquatique est incroyable. Il est d’ailleurs inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cependant, il a été classé dans la liste du patrimoine en danger notamment car le Belize souhaitait exploiter les ressources pétrolières au large et menaçait l’intégrité du site. Or, depuis très récemment (décembre 2015), le Belize a finalement interdit ce projet (ouf). Il reste tout de même à contrôler l’essor du tourisme et de l’industrie sur la côte pour préserver durablement la beauté de ce site.

recif corail belize

RECIF AU BELIZE (WIKICOMMONS)

 

En dehors des dégradations directement causées par l’homme, le réchauffement climatique menace tous les écosystèmes coralliens tropicaux du monde. En effet, le corail a besoin d’une température précise de l’eau, d’un important accès à la lumière et de caractéristiques chimiques de l’eau particulières pour croître normalement. Or, l’augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère acidifie les océans, augmente la température de l’océan et fait fondre les glaces qui élèvent le niveau des océans et éloignent les coraux de la source de lumière vitale. Ainsi, tous les écosystèmes basés sur les récifs de corail sont menacés à plus ou moins long terme. Leur découverte est peut-être un luxe que nous ne pourrons plus nous permettre à l’issue de notre siècle. Par ailleurs, le saviez-vous ? La France a le 2ème plus grand récif coralliens du monde… en Nouvelle-Calédonie !

• Forêts tropicales en Indonésie (Java, Bornéo, Sumatra) 

 

Ces forêts tropicales sont menacées par les activités humaines. Elle subissent une déforestation massive dans le but d’installer des plantations de palmier à huile qui constitue une huile végétale bon marché très utilisée en agroalimentaire (et c’est assez difficile de faire le tri quand on fait les courses…). Au-delà de la perte de la forêt, cette déforestation entraîne une perte inestimable du sol fertile par érosion et de grands feux de forêt qui polluent toute la zone et aggravent le phénomène. Cette forêt accueille une biodiversité immense dont l’emblématique orang-outan qui est en voie d’extinction à cause de la réduction de son habit naturel. Mais d’autres mammifères méconnus y vivent, comme l’éléphant pygmée (pas si petit que ça) de Bornéo ou les rhinocéros de Java (quelques dizaines d’individus en liberté) et Sumatra (mieux étudié mais tout aussi en danger). Parmi les invisibles, tous les insectes, oiseaux, reptiles et amphibiens de ses forêts vont disparaître avec leur habitat s’il n’est pas sauvegardé. Encore plus invisible, les plantes et les essences de bois dont la diversité est une richesse seront également détruits avec l’écosystème. Il n’y a plus que sur l’île de Bornéo (que se partagent trois pays) qu’il est possible de retrouver une forêt intacte et d’observer les animaux dans leur milieu naturel.

• L’Amazonie 

 

On dirait que cette immense forêt est intouchable et infinie, mais elle ne l’est pas. Elle est, elle aussi, touchée par la déforestation intensive illégale (et légale) des populations locales pour la revente du bois mais aussi pour défricher et développer l’agriculture et l’élevage. De par sa taille, elle a une certaine inertie mais le rythme de déforestation est tel que sans mesure adéquate, elle finira par disparaître et avec elle 10% de la biodiversité mondiale qu’elle accueille. Dont de nombreuses espèces végétales et animales probablement encore à découvrir. Les populations autochtones du Brésil qui dépendent encore de la forêt pour leur mode de vie traditionnel seront aussi touchées (introduction de maladies par les bucherons notamment) et leurs cultures en seront irrémédiablement affectées voire seront détruites. Plus de 200 ethnies vivent dans la forêt dont la majorité d’entre elles utilise sa propre langue. Il y a 10 ans, il y avait toujours une quarantaine d’ethnies qui n’étaient jamais encore entrées en contact avec le reste du monde. En tant que voyageur, votre intérêt apporte une autre source de revenu aux populations locales qui peuvent alors se détourner des ressources de la forêt et la protéger. Même s’il n’est pas souhaitable que le touriste entre en contact avec ces tribus qui ont conservé leur mode de vie traditionnel (mais c’est aussi un débat !), la découverte de l’écosystème amazonien dont les ethnies font partie, contribue à la sauvegarde de leurs coutumes et des plantes et animaux qui vivent dans la forêt et le fleuve Amazone.

Personnellement je trouve incroyable que de telles tribus existent encore dans le monde et je n’arrive pas décider si j’en suis heureuse ou triste… quelle est votre sensibilité à ce sujet ?

tribu non contactees amazonie

TRIBU NON CONTACTEE EN AMAZONIE POINTANT SES ARMES VERS L'AVION DU PHOTOGRAPHE (WIKICOMMONS)

• Lac Nicaragua 

 

Ce grand lac au sud du Nicaragua possède une île formée par deux volcans éteints, Ometepe. La vision insolite de ces deux dômes ennuagés au milieu de l’étendue d’eau douce est superbe. Or, il est le site choisi pour créer un second canal qui traversera l’Amérique centrale pour permettre aux bateaux de rallier les océans Atlantique et Pacifique sans contourner l’Amérique du Sud ou faire le grand tour (du monde). La largeur de ce lac permet la construction du canal à moindre de coup puisqu’environ ¼ du trajet est en eau. Cependant, la construction d’un tel ouvrage va complètement saboter le paysage naturel du lac mais aussi les forêts tropicales intactes à l’est et à l’ouest jusqu’aux océans. Les travaux ont commencé à l’automne 2014 mais sont interrompus jusqu’à fin 2016. Le projet aura un impact considérable sur le Nicaragua, sa faune, sa flore mais aussi sur sa population, la plus pauvre d’Amérique centrale, puisque le projet prévoit de doubler le PIB du pays. Comment la population en profitera, là est la question. En tout cas, vu les manifestations, elle semble se rendre compte que ce n’est pas dans son intérêt même si en plus du canal, le contrat prévoit des infrastructures qui faciliteraient le tourisme (aéroport, routes…). En faisant bénéficier la population de votre présence peut-être pourra-t-elle avec plus de vigueur se défendre contre ce projet que le besoin rendrait attirant. Si vous souhaitez découvrir ce beau pays encore vierge, c’est le moment.

• Les neiges du Kilimandjaro 

 

Le Kilimandjaro est le point culminant de l’Afrique. Cette montagne située en Tanzanie est bien connue pour ses neiges éternelles. Malheureusement c’est une vision qui est probablement amenée à disparaître car d’ici 2020 ou 2050, le réchauffement climatique pourrait entrainer leur fonte totale (au moins en été). Si vous souhaitez gravir ses pentes enneigées ou prendre en photo la faune africaine et la montagne blanchie en arrière-plan, il est temps de prévoir son voyage en Tanzanie (ou au Kenya).

• Les atolls et îles coralliennes• 

 

Les atolls sont des îles formées à partir d’un socle de récif corallien. Ce ne sont donc pas des terres émergées très vastes ni très élevées. Ils sont donc particulièrement vulnérables à l’élévation du niveau de l’océan provoquée par le réchauffement climatique. Les constructions et activités humaines peuvent également être en cause dans l’érosion des plages et l’abaissement du niveau des îles. Cependant, le constat est le même quelque soient les causes. Certains archipels sont amenés à être sévèrement réduits et leurs populations à devoir migrer vers d’autres terres. Certains de ces archipels comme Kiribati ou les Maldives forment des Etats à part entière et leur intégrité est menacée.

Pour profiter encore de leurs plages magnifiques et de leurs lagons (qui sont aussi garantis par le niveau de l’océan), n’attendez pas la retraite, ils n’y seront peut-être plus. Dans tous les cas, faîtes attention à soutenir l’écotourisme dans vos choix d’hébergement et d’activités mais aussi les activités locales souvent tenues bien à l’écart des voyageurs (par exemple l’île poubelle aux Maldives qui produit un contraste saisissant entre les populations locales et les touristes.).

 

Si vous voulez faire quelque chose pour les amérindiens d’Amazonie ou le lac Nicaragua à travers une pétition.

Sinon, pour le reste, il n’y a qu’une chose à faire ; prêter attention à l’environnement et aux actions que l’on peut entreprendre individuellement pour l’abimer le moins possible. Personnellement, je fais de mon mieux mais je suis sûre qu’on peut tous s’améliorer ! 

logo patrimoine naturel en danger

A bientôt

Lauriane

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